Carnet d’expatriation #1 Mon expatriation aux Etats-Unis pendant le Covid

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29 novembre 2020, 13h15, aéroport CDG, c’est là qu’un chapitre se termine et qu’un nouveau débute. Le chapitre de 28 ans de vie en France se ferme pour laisser place à une nouvelle aventure, une nouvelle vie à plus de 7 000 km, aux Etats-Unis.

Entre peur, excitation, fatigue, stress, appréhension, tristesse, joie, c’est une avalanche de sentiments que je ressens au point ou mon cerveau se met sur pause. On a tout quitté, très vite, trop vite même, en pleine période de Covid, là où tout est compliqué, où on ne peut voir quasiment personne, où on a besoin d’une autorisation de déplacement pour aller faire ses courses. C’est pendant cette pandémie que nous nous sommes expatriés à Boston et laissés derrière nous, notre vie, nos familles, nos amis.

L’avant

Un an, un an qu’on discutait très sérieusement de partir vivre à l’étranger. Depuis notre voyage d’un mois autour du monde l’année dernière, on ne cessait de se dire qu’on voulait du changement. On avait l’impression de tourner en rond en France, d’être dans une routine qui suit son chemin, sans trop de surprises, sans trop de prises de risques. Non pas que nous soyons des amateurs de sensations fortes, mais après presque 5 ans à Rennes, l’envie de changement commençait à vraiment se faire sentir. Minouch commençait à se lasser de ses missions au boulot, je commençais à tourner en rond à Rennes. Le climat était devenu trop anxiogène , entre les actualités, les polémiques , la crise, les gens…bref tout.

J’aime la France, c’est mon pays, j’y suis née, j’y ai grandi , je m’y suis mariée, construit un foyer, acheter un appartement, toute ma famille et mes amis y vivent mais…il manquait quelque chose à cet ensemble.

Donc, de retour de voyage, on a commencé à s’imaginer vivre à l’étranger. Ce voyage nous a permis de voir 3 pays différents, 3 continents différents , les 3 qui étaient sur notre bucket list  » un jour je vivrai ici« . Minouch a toujours été très attiré par Dubaï, moi un peu moins. Les Etats-Unis c’était mon goal mais on savait que les postes pour les français étaient assez rares et que les procédures pour les visas étaient longues et houleuses. Notre plan d’action était de commencer par le Canada, pays où il est « plus facile » de s’expatrier et une fois sur place voir ce qui est proposé aux alentours au bout de 3 ou 4 ans.

Septembre 2019 : À ce moment-là , il me restait 9 mois de cours à la Rennes School of Business, je pensais à faire un VIE (étant encore dans la limite d’âge) , ce qui m’aurait permis de travailler à l’étranger pendant une période donnée avec une possibilité de CDI à la fin. De son côté Minouch a commencé à regarder les offres proposés par sa boîte ( il bosse dans un grand groupe agro-alimentaire qui est implanté partout dans le monde), notamment au Canada. On continue à en parler, discuter, s’imaginer vivre dans une grande ville comme Toronto, je regarde les postes proposés, les appartements, compare le niveau de vie…

Décembre 2019, Minouch m’appelle pendant ma pause déjeuner à l’école pour me dire qu’un poste s’est libéré aux Etats-Unis…à Boston. Le poste l’intéressait, mais avait quand même quelques réserves sur la ville. Je connaissais de nom, la position sur la carte, avait déjà vu 150 séries qui y faisait référence, notamment à cause d’Harvard, mais je ne savais pas grand-chose de plus. Je regarde, lis des avis, des blogs d’expatriés et commence à me dire que ca pourrait être sympa de vivre dans ce coin là. On en reparle le soir, on en reparle pendant deux semaines tous les jours, à peser le pour et le contre, savoir si j’arriverai à trouver du boulot, à rencontrer des gens, à m’adapter au mode de vie. On se pose beaucoup de questions mais on sait ce que l’on veut. On veut partir.

Ce qui est drôle au moment où j’écris ces mots, c’est que je me rends compte à quel point on voulait partir, mais comment on arrivait à trouver des obstacles qui n’avaient pas lieu d’être pour essayer de se convaincre que ce n’était pas une bonne idée. C’est fou comme la nature humaine peut être « frileuse » de nouveautés, de changements…

Janvier 2020, Minouch se positionne sur l’offre, commence à passer les entretiens . La machine est lancée. On en parle à personne tant que rien n’est fait ou sûr à 100 %. Je suis très superstitieuse et je crois beaucoup aux mauvais oeil donc je ne voulais pas qu’on se porte la poisse tout seul. Ben pas de chance pour le coup parce que le Covid commence à pointer le bout de son nez en Europe. On en parle de plus en plus aux infos, ca commence à nous inquiéter, mais pas plus que ça. On se dit un peu naïvement que c’est encore un virus saisonnier mais qu’il faut quand même faire attention. On ne s’attend pas à ce que le monde s’arrête du jour au lendemain, c’est impossible dans notre imagination que la planète entière se retrouve confinée…

Mars 2020, le 16 Mars, premier confinement en France…Les entretiens de Minouch se sont très bien passés, il a eu le poste, mais maintenant vient la partie la plus difficile, le visa. Il existe beaucoup de visas différents pour les USA. Celui qui nous concerne est le Visa E2. Si ca vous intéresse je vous ferai un article sur la procédure car c’est très long, les démarches sont assez coriaces et il faut être accompagner par un avocat spécialiste de l’immigration. Donc la première étape est de constituer le dossier, qui sera confié par la suite à l’avocat qui est situé à New-York. Toute cette partie administrative est gérée par la boîte de Minouch, mais on doit quand même effectuer beaucoup de formalités. À ce moment là on a vu le confinement comme l’occasion de s’occuper de ca tranquillement, mais on ne s’imaginait pas que ca allait durer aussi longtemps.

Avril, Mai, Juin 2020, passent, la situation sanitaire ne s’améliore pas. L’avocat américain a constitué notre dossier, il est prêt à être envoyé à l’ambassade américaine à Paris. Sauf que Covid oblige, l’ambassade est fermée…Ca a été des mois d’attentes, d’appréhensions. Pendant ce temps, toutes les frontières sont fermées, les américains durcissent les conditions d’accès à leur territoire et surtout Donald Trump promulgue plusieurs décrets concernant la délivrance des visas. Je regardais tous les jours s’il y avait de nouvelles dispositions mises en place, si l’ambassade avait rouvert, le nombre de cas Covid à Boston. Toutes mes journées étaient ponctuées de la même façon: les infos, Twitter, le site de l’Ambassade américaine, le site du gouvernement Américain, rien voir de nouveaux, pleurer un peu, puis espérer que le lendemain sera porteur de meilleures nouvelles.

Juillet, Aout, Septembre 2020, on passe nos vacances dans le Sud-Ouest et à La Rochelle en se disant que ce sont peut-être nos dernières vacances en France. On commence à en parler à nos frères et soeurs, mais en restant encore un peu évasif, encore une fois, on ne voulait pas faire de grande annonce pour qu’au final on nous dise qu’il n’était pas possible d’avoir de visa et qu’on allait rester ici encore un an.

Ces mois d’attentes, de suspens , car on ne savait pas vraiment ce qu’il allait se passer avec la situation sanitaire et politique, ne nous ont pas fait cesser d’espérer ou de croire en notre projet. On a utilisé ses mois à bon escient en profitant de nos proches quand c’était possible. À faire faire des estimations pour une potentielle vente de notre appartement ou de location. Je me faisais des listes de ce que j’allais sûrement garder ou vendre, bref j’anticipais, je me projetais, j’imaginais comment j’allais l’annoncer à ma famille etc…C’était dur émotionnellement mais je le voyais comme une étape à surmonter et dont je me rappellerais en riant quand je serai à Boston.

Fin octobre 2020, l’ambassade américaine réouvre. On a enfin un rendez-vous à l’ambassade début Novembre. On commence à voir la lumière au bout du tunnel. On est excités , contents que ca se décante enfin mais toujours un peu peur qu’un nouveau confinement pointe le bout de son nez et qu’on se retrouve bloquer. On a lu je ne sais combien d’articles sur comment se passait les rendez-vous à l’ambassade, qu’il fallait être ultra préparé, qu’on posait beaucoup de questions etc. S’il y a le moindre doute concernant vos intentions, c’est fini, on vous dit que le visa est refusé et vous rentrer chez vous. Je vous raconterai notre expérience à l’ambassade car cela varie beaucoup d’une personne à une autre et surtout d’un visa à un autre.

En période Covid, avec les restrictions de voyages et les frontières américaines fermées pour les ressortissants européens, nous devions faire une demande complémentaire qui s’appelle un waiver. Ce waiver , est une sorte de laissez-passer qui permet de passer la frontière américaine et surtout qui justifie de l’intérêt « national » de votre présence sur le territoire.Il faut pouvoir démontrer que votre voyage est essentiel , pour motif professionnel ou dans l’intérêt national du pays. Minouch étant dans le secteur agroalimentaire , il est considéré comme employé essentiel. Etant rattachée à son visa, ( un vrai pot de colle la meuf), je bénéficie aussi de cette exemption de voyage. Cette demande complémentaire a été faite en même temps que la transmission de notre visa mais apparemment nous n’aurons pas la réponse avant de recevoir notre passeport, à savoir une semaine après notre rendez-vous à l’ambassade. Je tiens à préciser que cette demande coûte extrêmement cher et que si elle est refusée, vous n’êtes pas remboursé.

16 novembre 2020, 9h, Ambassade américaine de Paris. Après plus d’une heure d’attente, c’est à notre tour. Après quelques questions, montrer quelques documents additionnels qui n’étaient pas dans le dossier transmis par l’avocat américain, on a enfin la réponse tant espérée. On nous accorde le visa. Et cerise sur le gâteau, l’agent nous indique que le waiver est aussi accordé. DÉLIVRANCE !!!!!! On est sorti rapidement de l’ambassade (en se disant que si on ne se dépêchait pas, ils allaient sûrement nous dire qu’en fait il y avait eu une erreur on qu’on avait nada), on s’est regardé, enlacé, embrassé, comme pour enfin se féliciter de tous les efforts qu’on avait faits. Notre patience, notre persévérance avait enfin payé.

Maintenant, on avait deux semaines pour nous organiser et prendre l’avion…

Deux semaines pour quitter la France

Deux semaines, ça peut être très long, mais aussi très court pour mettre sa vie dans des cartons, mettre en vente son appartement, faire le tri de ce qu’on prend ou garde, faire les travaux qu’on n’avait pas fini, prévenir notre famille, nos amis, nos connaissances…Deux semaines pour tout quitter, ce n’est pas assez.

La course contre la montre a été dure et éprouvante. J’ai dû gérer les cartons toutes seules car Minouch travaillait et était en période de passation des derniers dossiers, donc clairement impossible pour lui de se dédoubler. On rajoute à ça le confinement de novembre, donc impossible qu’on vienne m’aider. C’était moi, les cartons, les valises, et toute ma vie depuis 5 ans étalée devant moi. Mon sens de l’organisation a été d’un grand renfort pour tout empaqueter, faire le tri de ce qu’on laissait, de ce qu’on vendait, de ce qu’on prenait, gérer la vente de notre appartement, répondre aux mails pour organiser notre arrivée aux Etats-Unis, gérer le voyage Rennes-Paris avec toutes nos valises, aller chez tous les spécialistes possibles avant de partir.Bref, j’étais épuisée, je mangeais mal ou presque pas, buvais trop de café, j’avais migraine sur migraine car mon cerveau pensait à 100 choses à la fois. Je me suis donc fait un Excel de compétition pour organiser tout ce remue-ménage et au final ca m’a été d’un grand secours.

En faisant mes valises et le tri que je redoutais des affaires qui ont une valeur à mes yeux, j’ai senti ma détermination flancher. En voyant ces petites choses offertes par des personnes qui ne sont plus là aujourd’hui, et qui sont irremplaçables à nos yeux, en me voyant les emballer, à les mettre dans des cartons ,j’ai été nostalgique. J’ai commencé à me dire  » Mais merde , pourquoi tu fais ça ? Reste chez toi, t’as pas besoin d’aller aussi loin pour te sentir bien ». Vous savez, cette petite voix intérieure qui vous fait douter jusqu’au dernier moment, qui essaye de vous démotiver, de vous rendre vulnérable pour que vous n’alliez pas au bout, elle était là et ne voulait pas la fermer. Je ne sais pas trop comment j’ai fait pour la faire taire, mais je pensais tellement au fait que tout ca se termine et qu’on soit là-bas sans qu’il n’y ait de problème , que j’ai fini par l’oublier.

Les cartons faits, l’appartement mis en vente, nos valises prêtes, les au revoir à ceux qu’on ne reverra pas avant quelque temps, on était prêt à partir. La veille de notre départ pour Boston, nous sommes allés à Paris en voiture pour que je puisse quand même passer une dernière nuit chez mes parents. Cette dernière nuit en France, dans ma chambre d’adolescente qui s’imaginait faire le tour du monde il y a 10 ans de ça et qui n’aurait jamais imaginé aller vivre à l’autre bout du monde avec l’amour de sa vie. Je n’ai pas beaucoup dormi cette nuit-là. Vous savez cette excitation avant un voyage, qui vous empêche de dormir parce que vous avez peur de ne pas vous réveiller ? C’était ça, mais x1000 ! Mon réveil à sonner, dernier petit-déjeuner pris , des au revoir émouvants avec ma famille, on était prêt à aller à l’aéroport où on devait rejoindre mon frère qui avait une partie de nos valises ( il a dû faire l’aller-retour Paris-Rennes deux jours avant parce que 10 valises, on dirait pas mais ça prend de la place ! ). Ma meilleure amie, que je n’avais pas vue depuis le mois de juillet est venu me faire un bisou avant qu’on embarque et à ce moment-là je ne réalisais toujours pas ce qu’il se passait.

L’enregistrement des bagages fait, on va en salle d’embarquement, on passe les derniers coups de fil aux proches, on envoi les derniers messages avec la larme à l’oeil , en se disant qu’on ne les reverra peut-être pas avant un an vu comme la situation avec le Covid ne va pas en s’améliorant.

Après avoir vérifié notre température et nos visas, on monte dans l’avion qui était quasiment vide. On était 30 en tout. Je n’avais jamais vu un avion avec si peu de monde. L’avantage était qu’on avait toute la place qu’il nous fallait, les hôtesses étaient vraiment aux petits soins et surtout les gestes barrières étaient respectés par tout le monde. Une fois dans l’avion , je pensais que je réaliserai que je m’envolais pour une nouvelle vie, que ma vie n’était plus en France mais aux Etats-Unis, que je quittais mes proches, que maintenant ce n’était que Minouch et moi. J’attendais cette petite boule de « OMG je suis trop contente » mais rien. Rien du tout. Juste de la fatigue et du stress que tout se passe bien à la douane. Je l’ai attendu pendant 8h cette petite boule, mais elle n’est pas venue.

Même une fois arrivée, elle n’était toujours pas là…

L’arrivée aux Etats-Unis en période de Covid

Avec le décalage horaire, nous sommes arrivés le 29 novembre 2020 à 15h15 à l’aéroport Logan de Boston. Contrairement à CDG, le terminal des arrivées était vide. Nous qui avions l’habitude de faire la queue pendant au moins 20 minutes pour passer la douane, là il y avait le choix. Sans grande surprise, on nous demande pourquoi on est là, l’agent regarde nos waiver et nous indique qu’il doit faire des vérifications et qu’on doit le suivre. Si vous êtes déjà allé aux Etats-Unis vous connaissez cette porte cachée à côté des guichets des douaniers, ben on nous emmenait là-bas. Un peu stressée car j’avais peur qu’on nous dise qu’il y ait un problème et qu’on nous renvoie en France avec notre vie dans des valises, alors qu’on avait plus de logement, plus de boulot, plus rien.

Une heure d’attente plus tard, 20 questions sur le pourquoi du comment on était là, sur quel était le boulot de Minouch, il y avait au final un problème avec mes empreintes qui avaient été mal prises à l’ambassade américaine. 1h après, on était libre. On a récupéré nos valises sur deux charriots qu’on a eu le plaisir de payer 6$ pour faire 3 mètres avant de trouver notre chauffeur qui devait nous emmener à notre hôtel de confinement.

Malgré nos 3 tests PCR faits la semaine de notre départ pour être sûr d’être négatif, l’Etat du Massachusetts exige une quarantaine d’une semaine à tous les ressortissants européens avant de refaire un test et de pouvoir être libre si celui-ci est négatif. Pour être au plus prés des bureaux de Minouch qui sont à la frontière entre le Massachusetts et le New Hampshire, nous étions dans un hôtel à Manchester, afin d’être à proximité de ses collègues si nous avions besoin de quelque chose.

La semaine est passée rapidement, il fallait s’adapter au décalage horaire, aux températures négatives, à ce nouveau logement temporaire. Au bout d’une semaine on a fait un test PCR qui était sur le parking d’un supermarché et effectué par des militaires. Tout se passe en drive ici, du moins de ce que j’ai vu pour les tests PCR ( je n’en ai pas refait depuis). Il faut bien entendu prendre un rendez-vous des jours à l’avance et les résultats mettent du temps à arriver. On a attendu un peu plus de 5 jours pour avoir nos résultats négatifs et enfin pouvoir aller à Boston et notre logement temporaire pendant un mois, le temps qu’on trouve notre appartement définitif.

L’arrivée à Boston était comme je l’avais imaginé : des buildings, des grandes rues, des petites maisons comme à San Francisco, des briques rouges comme à Londres et des décorations de Noël partout.

Pas le temps de se promener plus que ça les premiers jours car il fallait gérer toute la partie administrative à savoir le SSN et les comptes en banque. Le SSN c’est le numéro de sécurité sociale sans lequel vous ne pouvez rien faire. C’est un peu la carte d’identité d’ici. Sauf que Covid oblige, cette formalité qui normalement se fait en une journée, prend maintenant plus d’un mois. C’est un sujet aussi très long à aborder et je pense que cet article est déjà assez conséquent , donc je reviendrais dessus si jamais ca vous intéresse. Bref, une fois tout ca lancé, on a commence à visiter des appartements et on a trouvé notre petit cocon très rapidement. On avait fait nos recherches quand on en France, donc on savait déjà plus ou moins dans quel quartier, dans quelle résidence et même dans quel appartement nous voulions vivre. Je vous préparerai un article spécial pour l’appartement car j’ai cru comprendre que le sujet vous intéressez pas mal. Une fois toutes ces formalités réglées, on pouvait penser à Noël et au nouvel-an avant d’entamer le chantier de l’ameublement.

Premier Noël loin de nos proches, donc avec une saveur particulière. Premier nouvel-an que tout les deux aussi…C’est dans ces moments-là qu’on se rend compte de l’importance de la famille et des moments qu’on passe ensemble. Minouch et moi sommes très heureux de vivre ça ensemble, on est comblé mais on ne réalise toujours pas.

Presque deux mois après notre arrivée, on ne réalise toujours pas qu’on vit aux Etats-Unis, qu’une nouvelle vie débute , qu’on recommence de zéro. Je pense que tout s’est passé tellement vite qu’on a pas eu le temps d’assimiler toutes les informations et de passer par ce processus de l’expatriation. On est rentré directement dans le bain, comme si tout se faisait naturellement. Alors on s’adapte très facilement, c’est vrai, mais on s’attendait tous les deux à avoir ce « petit truc » , ce déclic , cette joie, cette excitation. Je ne dis pas que nous ne sommes pas heureux et surtout plein de gratitude pour ce qui nous arrive, mais le Covid nous a fait vivre cette expérience d’une vie, d’une manière totalement différente de ce qu’on imaginait. On a pas eu les grands au revoir qu’on s’imaginait, les derniers repas avec tout le monde, les dernières soirées avec les amis…En soit ce n’est pas grave, car ce ne sont pas des adieux, mais quand on prépare notre mental à une certaine situation et quelle ne se déroule pas comme on l’avait imaginer, je pense que celui-ci réfute les informations. J’ai comme l’impression d’être dans une bulle, même deux mois après.

En tout cas, cette expatriation, m’a ouvert les yeux. Il ne faut jamais cesser de croire en ses rêves et ses projets. Si j’ai pu aller vivre au bout du monde pendant une pandémie mondiale, imaginez ce que vous pouvez réaliser ! La volonté et la persévérance sont vos meilleurs alliés. La petite voix qui pointe son nez de temps en temps, vous pouvez la zapper, elle ne vous aidera pas.

Après deux mois, je ne regrette pas d’être partie. Je me sens épanouie, pas inquiétée par l’avenir, je n’écoute que les infos essentielles, il n’y a pas de climat anxiogène comme si c’était la fin du monde décrite par les médias. On s’apprivoise de cette nouvelle vie petit à petit, on prend nos marques doucement, mais sûrement.

Voilà pour ce premier article sur notre expatriation. Je suis désolée si c’est beaucoup trop long, mais je voulais saisir l’occasion de mettre à l’écrit tout ce que j’emmagasine depuis deux mois, tout ce qu’on a vécu pour vous faire un retour d’expérience des plus réaliste. S’il y a des sujets que vous voulez que j’aborde plus en détails, si vous avez des suggestions d’articles, n’hésitez pas. N’hésitez pas à me suivre sur Instagram @dounsleblog où je partage notre quotidien bostonien !

Je vous embrasse.

Doun’s.

10 commentaires Ajouter un commentaire

  1. menelg dit :

    Un superbe article 🥰 on te souhaite tout le bonheur du monde ❤️❤️

    J'aime

  2. Monie dit :

    Super article Dounia! Un réel plaisir de te lire et te suivre tes aventures!
    J’ai franchi le pas de tout quitter pour partir en Suisse et je ne regrette absolument rien, au contraire, c’est l’expérience la plus enrichissante que j’ai pu vivre! C’est tout ce que je te souhaite aussi!
    Maintenant nous avons pour projet le Canada (Vancouver) du coup je suis curieuse de connaître tes préparatifs de départ Oh grande reine de l’organisation! 🤣
    En tout cas je vous souhaite tout le bonheur du monde et beaucoup d’épanouissement grâce à ce nouveau départ!
    Pleins de bisous!
    Armonie

    J'aime

    1. Dounia dit :

      Merci beaucoup Monie ! J’espère que ça va se faire pour le Canada ! Je prépare pour bientôt mes « tips » pour s’expatrier t’en fais pas 🙂 Des gros bisous

      J'aime

  3. Amel dit :

    Ton article est comment dire … Touchant, sincère et sans chichi. Malgré la longueur du texte, je trouve qu’au contraire, il va a l’essentiel.
    J’ai souri et j’ai aussi versé ma petite larmichette en m’imaginant à ta place lors des au revoir avec ta famille.
    Je vous félicite toi et ton mari pour cette décision et ce courage.
    Comme tu dis , avec de la volonté, on peut soulever des montagnes.
    Très bonne continuation à vous et hâte de lire la suite de votre nouvelle vie !

    Aimé par 1 personne

    1. Dounia dit :

      Oh ma jolie ! Je te remercie et j’espère que tu viendras nous voir !

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  4. Bonjour Dounia,
    C’est Sara de @fromparistolisboa 😉
    J’ai vraiment pris plaisir à lire ton article : très bien raconté et structuré, touchant et motivant!! Je comprends que la décision n’était pas simple et je crois que vous avez eu raison d’aller au bout. Sortir de sa zone de confort ce n est jamais évident mais c’est de cette façon qu’on peut vivre des aventures hors du commun. Et surtout, je pense que vous n’avez rien à perdre en essayant!
    Plein de belles choses à toi et ton mari dans cette nouvelle aventure 🙂

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    1. Dounia dit :

      Hello Sara ! Merci beaucoup ton commentaire 😊 je te rejoins totalement , si on ne sort pas de sa zone de confort ,malheureusement on se met des barrières et on passe à côté de grandes aventures !

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  5. helloootoday dit :

    Hellooo, c’est un article très intéressant et j’ai adoré lire/suivre votre aventure. Une nouvelle vie/une nouvelle page maintenant 🙂 Bonne continuation !

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    1. Dounia dit :

      Merci beaucoup 😊

      Aimé par 1 personne

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